C’est une île qui s’appelle Maurice…

Le lieu qui a marqué ma croissance et ma personnalité se trouve au milieu de l’Océan Indien. C’est une île qui s’appelle Maurice. Mes parents m’y ont emmené deux fois. La première fois, c’était quand j’avais deux ans. Bien qu’on y ait vécu pendant six mois, mes souvenirs ne sont pas très précis. Mais en m’aidant des photos prises par mon père et des textes qu’il a écrits, je peux rappeler à ma mémoire certaines expériences.

En fréquentant l’école et en jouant avec les enfants de l’île, j’apprenais à parler français sans le vouloir. Là-bas, notre vie a changé radicalement. On a appris que la course quotidienne typique du rythme européen conduit seulement à augmenter le stress. Nos journées dans l’île étaient marquées par les besoins primaires : la nutrition et le sommeil. Le matin, après l’école, on allait prendre notre déjeuner sous un arbre à quelques mètres de la mer et, quelques fois, on mangeait aussi dans l’eau. Je me suis revu sur des photos lorsque j’étais sur une tortue géante, lorsque je nageais dans une mer d’un bleu clair unique, pleine de poissons de différentes couleurs qui s’approchaient de nous sans peur. Autour de nous, il y avait nombreux arbres et de nombreux oiseaux. On était sur un récif de corail où la mer était toujours calme.

Là, j’ai eu la chance de connaître beaucoup d’enfants. Nombre d’entre eux étaient africains. Je pense que, grâce à mes amis, pour moi aujourd’hui, il n’y a pas de grandes différences entre une personne blanche, noire ou jaune.
Trois ans plus tard, on y est retournés, car cette île était devenue notre nouvelle maison où on allait retrouver nos amis. Je me souviens avec plaisir du jour de mon anniversaire. Il n’y avait rien de particulier, on était huit enfants dans un jardin sans jeux. Cependant mes parents et ceux de mes amis n’entendaient que nos rires. Mes parents m’ont raconté que, ce jour-là, je leur ai demandé : « Quand deviendra-t-on Mauriciens ? » Mon désir était de devenir comme eux, avec leur couleur de peau.

Comme je l’ai dit auparavant, on ne sait pas avec certitude si j’ai ou si je n’ai pas appris le français à Maurice. Mais quand j’y réfléchis avec ma famille et que j’analyse ma carrière scolaire, je peux le supposer, car, pour commencer, personne dans ma famille ne connait cette langue et aussi car, à l’âge de dix ans, lorsqu’à l’école j’avais commencé à étudier le français, tout m’a semblé facile et naturel. Ma présence dans cet établissement avec des résultats très positifs dans une langue différente de ma langue maternelle ne peut pas être expliquée par de simples études scolaires de deux heures par semaine.

Enfin, mon expérience mauricienne m’a donné la possibilité d’être un citoyen du monde, de passer le dur premier contact que peut donner la vie en Afrique, de ne pas avoir de difficultés à laisser des amis dans un lieu pour en trouver de nouveaux dans une autre région du monde. Je dois remercier mes parents d’avoir fait ce choix, difficile à comprendre par la famille de mes parents et leurs amis italiens, mais qui, maintenant, je crois, a fait de moi quelqu’un de bien.
Pour revivre toute cette aventure avec des yeux plus attentifs, les prochaines vacances de Noël, on ira là-bas et je réécrirai alors ce texte.

Marcello, élève de 3e

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