Une métamorphose (série « Souvenirs du lycée Guebre Mariam »)

Mon souvenir le plus marquant est récent. C’était il y a à peu près deux ans. Je n’avais pas beaucoup d’amis car j’étais très « bipolaire » et je ne savais pas comment contrôler mes émotions. Je pleurais pour un rien et j’étais très sensible, les gens se moquaient de moi pour rien. On peut dire que j’étais un peu harcelé et je n’avais pas confiance en moi.

Pendant les vacances d’été, je suis resté avec ma famille et mes cousins. Ceux-ci ne me jugeaient pas, donc je pouvais être qui je voulais, je pouvais être moi-même. Quand je suis revenue au lycée, j’avais finalement retrouvé confiance en moi et j’avais des amis proches qui étaient dans ma classe. Donc je pouvais leur parler quand j’avais des problèmes.

Mes amis me faisaient maintenant confiance et me disaient des choses qui me motivaient. À cette époque, je me fichais complètement des autres personnes qui ne m’aimaient pas, car j’avais réalisé que j’avais ma famille et des amis qui m’aimaient pour ce que j’étais et que je n’avais pas besoin de faire des choses ridicules pour qu’ils m’aiment.

Je me rappelle cet événement, car je vois la différence entre ce que j’étais auparavant et ce que j’étais devenue. Aujourd’hui je suis fière de ma transition, car je suis plus forte et je suis devenue plus stable. Maintenant ma mère me dit : « Je savais que tu pouvais le faire. Toi, tu n’as pas besoin des gens qui critiquent ta vie. » Donc je suis fière de ce que je suis maintenant et de qui je serai dans le futur.

Un redoublement (série « Souvenirs du lycée Guebre Mariam »)

Quand j’étais en 5e, à la fin de l’année, il y a eu le conseil de classe. J’avais peur. En même temps, j’étais impatiente de savoir ce que j’avais eu. Ce jour-là, je finissais à midi. Alors mon père est venu me chercher. Je suis rentré chez moi. Comme d’habitude j’ai mangé et me suis reposé. Le soir, j’ai attendu jusqu’à 19 heures que mon conseil de classe soit terminé. À 19h30, j’ai appelé une de mes déléguées, Mathilde :

« Salut Mathilde ! Alors ? C’était comment ? »

Elle me répondit d’un ton un peu inquiet :

« C’était bien.

– Alors qu’est-ce que j’ai eu ?

– T’as…t’as eu “redoublement” ».

Je ne savais plus quoi dire, quoi ressentir. J’ai raccroché mon portable, j’ai couru vers ma chambre avec mon visage plein de larmes. Je me suis allongé sur mon lit et j’ai pleuré, pleuré comme un bébé de deux ans.

Mon petit frère et ma mère sont venus dans ma chambre et m’ont demandé :

« T’as eu quoi ?

– Je redouble, mami » ai-je dit avec inquiétude.

Elle m’a nettoyé la figure et m’a dit qu’on allait s’en sortir, que ce n’était pas la fin du monde. Je savais pourquoi j’allais redoubler, mais je sentais que c’était vraiment la fin de ma vie.

Cet événement, je n’en suis pas fière. Mais il m’a appris plein de choses utiles pour mon avenir. Il a aussi été l’événement le plus important de ma vie. Après cela, j’ai commencé à voir ma vie comme une chance, l’école comme une opportunité et j’ai commencé à être plus intéressée. J’ai aussi vu l’amour que mes parents avaient pour moi : tout ce qu’ils faisaient, tout ce qu’ils font jusqu’à aujourd’hui, c’est pour que mon petit frère et moi, nous ayons la vie que nous voulons. C’est grâce à cet événement que je suis la personne que je suis aujourd’hui. Donc je peux dire que cet événement a changé ma vie, qu’il est et sera toujours dans mon cœur.

Ma première rentrée des classes (série « Souvenirs du lycée Guebre Mariam »)

Un de mes souvenirs les plus marquants est mon entrée au Lycée Guebre Mariam, il y a plus de deux ans de cela. La veille de la rentrée, j’étais particulièrement stressée. Cela faisait à peine deux semaines que j’avais quitté mes amis et ils me manquaient terriblement. Je savais, connaissant ma timidité, que m’en faire de nouveaux n’allait pas être tâche facile.

Le lendemain matin, j’étais doublement stressée mais aussi particulièrement excitée. Mon père nous avait emmenées, ma sœur et moi, dans les alentours de midi au LGM. Une fois sur place, je fus assez impressionnée par le fait que le lycée était vraiment grand ! En effet, les trois bâtiments qui surplombaient la cour m’impressionnaient beaucoup. Sans parler du stade et du Toukoul, de grandes nouveautés pour moi. Surtout que mon ancien collège ne dépassait pas les deux cents élèves. Avec ma sœur, nous nous séparâmes pour savoir dans quelles classes on allait être. Après avoir constaté que j’étais en 5ème2, je regardais autour de moi. Trois filles s’étaient approchées. « Tu es Eiline, en 5ème2 ? » me demandèrent-elles. Je m’empressais de dire que, oui, c’était bien moi. L’angoisse de mon intégration s’atténua. Finalement ça n’avait pas été si dur de se faire des amies. Elles m’accompagnèrent jusqu’à la salle de classe et s’assirent avec moi.

Cet évènement est vraiment très important pour moi, car il a marqué le début d’une nouvelle vie qui m’a énormément fait grandir, et aussi le début d’une grande amitié avec ces trois filles.

Eiline, 3e 1

Participation de la classe de 3e1 à l’édition 2019 du « concours des dix mots. »

L’édition 2019 de l’opération « Dis-moi dix mots » est consacrée aux différentes formes de l’écrit. Elle nous invite à nous emparer de dix mots autour de ce thème : arabesque, composer, coquille, cursif/-sive, gribouillis, logogramme, phylactère, rébus, signe, tracé.

À partir de ces mots, les élèves de 3e 1 ont rédigé dix textes poétiques et les ont mis en page sous la forme de calligrammes.

Coquille

Dans la lettre que j'écris

Pour mon cœur ma jolie

Sans le "i" c'est tout faux

"Aimer" c'est le bon mot


"Amer" au lieu d'"aimer"

C'est pas ce que tu es

Alors moi je m'en vais

Pour en chercher une comme toi


La coquille me fait peur

Car j'ai compris l'erreur

La lettre elle est partie

Et mon amante maintenant la lit


Elle m'appelle je réponds

Et je pense que c'est bon

C'est fini pour nous deux

Et mes yeux sont bien creux

Hanna, élève de 3e

Signe

Je kiffe les signes mathématiques

Au-delà des sciences, ils ont un air esthétique

Au milieu de sept et neuf se trouve le chiffre huit

Admirant sa courbure je me trouve séduite

Le signe T émet un sens positif

Pour tous les hommes libres et fugitifs

Le signe π est du domaine mystérieux

Sa valeur indéfinie est une aventure pour les curieux

Vingt sur vingt j’espère bien l’avoir

Pour une poète débutante avec une motivation qui est un signe d’espoir

Edlawit, élève de 3e

Gribouillis

« Les gribouillis me plaisent. »

Cela serait vrai si j’étais un animal.

Ils sont écrits comme s’il y avait un chien qui courait pour chercher un os, qui courait vite avec son stylo à la patte.

Ils sont illisibles, sauf pour leur auteur.

Ils sont une corde qui forme des lettres sans se couper en mille pièces pour les mille lettres.

Leur propreté est égale à celle d’un cochon sorti de la boue.

Et c’est pourquoi les gribouillis plaisent à tout individu non humain.

Maintenant, n’aurais-je pas mis le numérotage sur le calligramme, auriez-vous compris ce gribouillage ?

Deborah, élève de 3e.

Logogramme

J’aime les logogrammes.

J’aime les logogrammes. Ce sont les nobles blasons des entreprises.

J’aime les logogrammes. Leur sens est caché, mais évident une fois démasqué.

J’aime les logogrammes. Ce sont des signes stylisés dont on ne se lasse pas.

Je veux un logogramme, afin d’avoir, moi aussi, un noble blason à mon nom.

Je veux un logogramme pour l’aborder avec toute ma fierté.

Je veux un logogramme, mais je n’en aurai pas parce que je ne peux pas.

Alem, élève de 3e.

Arabesque

J’apprécie beaucoup les arabesques… Pourquoi ? Et bien pour la simple et bonne raison que je les trouve d’une beauté sans pareille. On prend du temps pour les sculpter, comme on prend du temps pour réaliser notre rêve le plus cher ou pour accepter certaines vérités, parfois blessantes… Lignes courbées semblables à un cheminement, un parcours, parfois calme et agréable, souvent long et difficile. Arabesque évoquant précision, perfection, douceur et me rappelant mes lointaines origines orientales. Nos pensées s’y perdent autant que nous, parfois, lorsque nous ne savons plus quoi faire, quels choix et décisions prendre. Les lettres qui composent l’histoire de notre vie s’entrelacent, comme ces courbes. Nous ne voyons pas souvent l’arrivée, mais nous avançons avec courage, à la rencontre de notre destin.

Maïra, élève de 3e.

Phylactère

Je t’aime, phylactère ! Mais j’ai des questions à te poser.

Ô phylactère, pourquoi es-tu si compliqué ! Tantôt talisman, tantôt verset de la bible que les juifs orthodoxes portent au bras et sur la tête pendant la prière du matin. Es-tu égyptien, juif ou américain ? Porteur de paroles our porté par les hommes ?

Ô phylactère, pourquoi as-tu un synonyme aussi différent de toi : tephilin?

Ô phylactère, vers de poésie écrit sur le corps pour se protéger ou pour se porter chance, tel une amulette.

Ô phylactère, si grand et complexe tu impressionnes tes congénères.

Aïcha, élève de 3e.

Composer

J’aime composer des choses, comme la nature et la création de l’homme.

J’adore la composition avec des lettres, pour créer un beau message.

Ma composition est correcte et même parfaite comme la création de dieu.

Ça me plait de composer des objets dans ma chambre, qui serait belle à voir.

La vie est composée de beaucoup de niveaux, que l’on joue pour arriver au meilleur.

Yonas, élève de 3e