Gribouillis

« Les gribouillis me plaisent. »

Cela serait vrai si j’étais un animal.

Ils sont écrits comme s’il y avait un chien qui courait pour chercher un os, qui courait vite avec son stylo à la patte.

Ils sont illisibles, sauf pour leur auteur.

Ils sont une corde qui forme des lettres sans se couper en mille pièces pour les mille lettres.

Leur propreté est égale à celle d’un cochon sorti de la boue.

Et c’est pourquoi les gribouillis plaisent à tout individu non humain.

Maintenant, n’aurais-je pas mis le numérotage sur le calligramme, auriez-vous compris ce gribouillage ?

Deborah, élève de 3e.

Logogramme

J’aime les logogrammes.

J’aime les logogrammes. Ce sont les nobles blasons des entreprises.

J’aime les logogrammes. Leur sens est caché, mais évident une fois démasqué.

J’aime les logogrammes. Ce sont des signes stylisés dont on ne se lasse pas.

Je veux un logogramme, afin d’avoir, moi aussi, un noble blason à mon nom.

Je veux un logogramme pour l’aborder avec toute ma fierté.

Je veux un logogramme, mais je n’en aurai pas parce que je ne peux pas.

Alem, élève de 3e.

Arabesque

J’apprécie beaucoup les arabesques… Pourquoi ? Et bien pour la simple et bonne raison que je les trouve d’une beauté sans pareille. On prend du temps pour les sculpter, comme on prend du temps pour réaliser notre rêve le plus cher ou pour accepter certaines vérités, parfois blessantes… Lignes courbées semblables à un cheminement, un parcours, parfois calme et agréable, souvent long et difficile. Arabesque évoquant précision, perfection, douceur et me rappelant mes lointaines origines orientales. Nos pensées s’y perdent autant que nous, parfois, lorsque nous ne savons plus quoi faire, quels choix et décisions prendre. Les lettres qui composent l’histoire de notre vie s’entrelacent, comme ces courbes. Nous ne voyons pas souvent l’arrivée, mais nous avançons avec courage, à la rencontre de notre destin.

Maïra, élève de 3e.

Phylactère

Je t’aime, phylactère ! Mais j’ai des questions à te poser.

Ô phylactère, pourquoi es-tu si compliqué ! Tantôt talisman, tantôt verset de la bible que les juifs orthodoxes portent au bras et sur la tête pendant la prière du matin. Es-tu égyptien, juif ou américain ? Porteur de paroles our porté par les hommes ?

Ô phylactère, pourquoi as-tu un synonyme aussi différent de toi : tephilin?

Ô phylactère, vers de poésie écrit sur le corps pour se protéger ou pour se porter chance, tel une amulette.

Ô phylactère, si grand et complexe tu impressionnes tes congénères.

Aïcha, élève de 3e.

Composer

J’aime composer des choses, comme la nature et la création de l’homme.

J’adore la composition avec des lettres, pour créer un beau message.

Ma composition est correcte et même parfaite comme la création de dieu.

Ça me plait de composer des objets dans ma chambre, qui serait belle à voir.

La vie est composée de beaucoup de niveaux, que l’on joue pour arriver au meilleur.

Yonas, élève de 3e

Rébus

J’aimais les rébus comme je t’aimais. Mais après tout ce que tu m’as fait, ça devient un peu compliqué. Notre relation est devenue un jeu pour moi, comme si je devais te retrouver ailleurs que chez moi. Quand je te regarde, tu es comme un rébus et je dois t’observer pour te déchiffrer. Mais je ne vais pas jouer ce jeu avec toi, car à la fin je sais que je ne gagnerai pas. Mais j’ai quand même continué à deviner.

Mon amour pour toi est comme des chiffres, comme si j’essayais de le contrôler, mais ça ne s’arrête jamais. Quand je pense que je te connais, il y a toujours quelque chose de nouveau à découvrir. Donc il est temps pour moi de cesser de t’aimer car je n’ai plus la force d’aimer.

Naomi, élève de 3e

Tracé

Je suis fascinée par les tracés. La variété des formes qu’ils peuvent avoir m’éblouit et leur répétition donne un peu d’ordre à nos vies chaotiques. Ah ! Les tracés sont comme la vie, c’est le crayon qui est mené par la main vers une certaine direction qui peut nous faire penser que c’est nous qui choisissons nos propres destins.

On peut tracer des lignes droites ou des formes géométriques parfaites qui symbolisent une vie avec de l’ordre.

Ou on peut faire des gribouillages partout pour représenter une vie incohérente ou bouleversée.

Amran, élève de 3e

Cursif

J’aime l’écriture cursive, elle représente nos vies. La vitesse du temps nous rend malheureux, mais rend aussi la vie très intéressante. C’est comme avoir un petit morceau de gâteau : ça nous donne du plaisir, mais pas pour longtemps. Notre vie est attachée aux événements et aux personnes qu’on rencontre. Elle n’est jamais stable, il y a toujours des hauts et des bas. Sur notre chemin, on rencontre des obstacles. On se retrouve avec des problèmes. On tombe. Mais en tous cas, on se relève. Elle est compliquée et mystérieuse avec plein de secrets. Chacun d’entre nous est UNIQUE, comme chaque mot écrit en cursif, mais aussi similaire aux autres. La vie, c’est comme un livre qui contient tous les genres. Plus on vit, plus intéressant cela devient. Mais la fin est toujours importante, car chaque livre a sa propre fin, comme chaque vie a sa propre MORT.

Liya, élève de 3e.

Retour à Maurice (suite du texte du même auteur intitulé : « C’est une île qui s’appelle Maurice… »)

Quand je suis retourné à Maurice, la première sensation a été celle de nouveauté absolue. Je ne me souvenais de rien, tout pour moi était nouveau. Les photos que j’avais vues, les histoires que j’avais écoutées n’étaient rien à côté de ce que j’avais la possibilité de voir de mes yeux. Les couleurs et les images de nature que j’ai eu la chance de revoir étaient indescriptibles. La mer était d’une couleur bizarre et passait d’un bleu foncé à une teinte turquoise, en passant par toutes les variétés du bleu, qui cachaient une vie incroyable. Je ne pensais pas qu’il pouvait exister de si nombreuses formes et couleurs de coraux, entre les branches desquelles on pouvait voir des poissons si colorés que même un peintre n’aurait pas pu les embellir.

J’ai passé des heures avec mon masque en oubliant mes besoins physiologiques, enchanté par cette merveille, en appréciant l’ordre de la vie marine, en m’éloignant du chaos que l’homme a créé.

En dépassant la baie, j’ai découvert une ile où la forêt tropicale – pas encore touchée par l’homme – m’a enchanté, où existe encore une vie vraiment sauvage avec des oiseaux, des singes, des chauves-souris et des reptiles que l’on ne se fatigue jamais à contempler.

Peut-être que la chose qui m’a le plus impressionné est la quantité d’habitants du lieu qui m’ont salué affectueusement en se souvenant de moi petit enfant et des nombreuses anecdotes vécues avec toute ma famille.

Maintenant, je n’ai plus le moindre doute : je sais avec certitude que c’est le pays le plus agréable à habiter. Je suis un garçon très chanceux : j’ai vu des iles comme les Seychelles, Zanzibar et Madagascar, mais une ile comme Maurice peut difficilement être dépassée en beauté et hospitalité.

Je me suis senti chez moi. Et je n’ai qu’une seule question à poser à mes parents : pourquoi sommes-nous retournés en Italie et ne sommes-nous pas restés là-bas, à Maurice ?

Marcello, élève de 3e

Une affaire de famille

Voilà. Ces personnages vont vous jouer l’histoire d’un homme qui a eu le cœur brisé par son aimée, Nathalie. Voici la famille Dubois. Tout à droite se trouve Jean, dans la position du fameux penseur, isolé dans son coin, en train de se demander : « Comment peut-elle faire ça ? ». Triste et désespéré, il ne sait plus quoi faire. Au centre se trouve M. Dubois qui crie de rage sur le benjamin, Christophe, parce qu’il a dévoilé le secret – et, même pire, le « crime » – de Nathalie à la victime. Et le dernier, le malin, le serpent, le renard nommé Lucas : toute la famille est en train de souffrir à la recherche d’une solution pour l’ainé, Jean, sauf le démon qui complote une sorcellerie ou une idée sombre dans sa tête pour voler l’amour de l’homme brisé. Il attendait ce moment pour agir. Il tire avantage de cette situation.

Beimnet, élève de 3e

Quatre hommes à bretelles (sur le modèle d’Antigone de Jean Anouilh)

Voilà ! Ces personnages vont vous jouer l’histoire de Quatre hommes à bretelles.

Lui, c’est Barnabé. Ses yeux rivés vers le ciel peuvent nous faire comprendre qu’il est assez rêveur. D’un tempérament docile et gentil, il est innocent et ne sait rien de ce qui va se passer. Pour l’instant, il préfère penser à ses prochaines vacances.

Celui avec les lunettes, c’est Bertrand. Principal coupable du crime à venir. Il est extrêmement manipulateur même si son visage innocent peut nous faire croire le contraire. Il veut assassiner le meilleur ami de notre gentil Barnabé.

Et bien, vous l’aurez compris : la cible, la victime de notre pièce est ce charmant gentilhomme en costume trois-pièces. Il s’appelle Boris et est le patron. Une grande rivalité l’oppose à son demi-frère, car il épouse l’ex-femme de ce dernier et est très riche. Soupçonnant tout de même Bertrand, il prend ses distances, mais pas assez…

Bruno est le nom de notre dernier personnage. Très proche du criminel, il va se faire arrêter, car il se fera manipuler puis abandonner par son complice. Là, il réfléchit à l’excuse qu’il va donner à sa femme, car elle est la sœur de la victime…

Maïra Alyzée Immongault, élève de 3e